Carte de soutien Ragtime - édition limités

À celles et ceux qui suivent encore le chemin de berger du Ragtime, ceci n’est ni un appel ni un adieu, mais peut-être l’une des dernières lignes tracées depuis ce point du I qui insiste, têtu, dans la vieille ville.
Le Ragtime n’est pas un commerce. C’est une expérience de vie posée dans la vieille ville : un point sur un I qui insiste. Un point minuscule qui, chaque soir, tente de tracer une ligne de fuite au milieu des programmes, des horaires, des tableaux Excel et des nuits standardisées.
Ce point, vous le connaissez : il vacille, il trébuche, il se relève. Il accueille des corps fatigués, des solitudes qui se frôlent, des amours qui se cherchent, des musiciens qui n’entrent nulle part ailleurs, des voix qui ne cochent aucune case.
Parfois il dérange, parfois il casse l’oreille, parfois il tombe à côté. Un lieu qui se contente de plaire à tout le monde ne produit plus aucun événement ; il ne fait que distribuer du même.
Aujourd’hui, ce point est pris dans une contraction. Les forces se resserrent, le temps se réduit, l’énergie s’use. La ligne que nous avons esquissée peut, très simplement, se replier, se laisser absorber, se dissoudre dans ce qu’il y a déjà partout : plus de lumière, plus de bruit, et au passage moins de sens, avec quelque chose de l’âme qui s’efface.
Je ne veux pas que le Ragtime devienne la copie bien élevée de ce qu’il a toujours refusé d’être. Je préfère prendre le risque de l’ouvrir encore une fois, en vous écrivant.
Le Ragtime n’est pas un projet qu’il faudrait sauver, ni un échec à éviter. C’est un agencement : une composition mouvante de personnes, de sons, de verres, d’idées, de conflits, de joies, de ratés, d’éclats.
Cet agencement produit quelque chose dans la vieille ville : un léger déplacement, une respiration autre, un espace où d’autres devenirs sont possibles. Pour continuer d’exister, il doit inventer une autre manière de persister.
Si je vous écris, c’est parce que je crois que cette voie est encore ouverte, mais qu’elle ne peut plus passer par une seule tête, un seul corps, une seule personne qui porte tout. Il faut que la ligne devienne un peu plus nôtre, un peu moins seulement mon grain de folie.
Je vous propose, très simplement, un geste possible.
Carte de soutien Ragtime – édition limitée
Je vous propose une carte de soutien Ragtime. Vous engagez une somme maintenant, d’un montant minimum de 100 CHF, et, en retour, vous recevez une carte de consommation, ou une autre forme d’avoir à définir ensemble, d’une valeur de 20% supérieure au montant versé.
Ce n’est pas un don, c’est un temps déplacé : vous donnez de la force au présent du Ragtime, et ce présent vous reviendra sous forme de nuits partagées.
Je remercie Genève de m’avoir laissé planter ce point du I dans la vieille ville, avec ses élans, ses résistances, ses indifférences.
Je remercie toute la tribu du Ragtime, et aussi celles et ceux que le Ragtime agace, et même ceux qui se réjouissent en silence de voir que je ne “réussis pas” dans les standards habituels. Un lieu qui ne contrarie jamais personne ne fait plus rien bouger ; il a déjà choisi le camp du neutre.
« Le Ragtime n’a pas vocation à s’envoler, mais à persister, tant qu’il restera quelques vies pour y tracer leurs lignes. »
Eric Sacareau

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